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03.01.2013 - Out magazine

Rob James-Collier : ô toi le mignon diable !

 

L’interprète du méchant gay canon de Downton Abbey, Rob James-Collier trouve l’amour – et la rédemption.


En mars dernier, lorsque Ian Crouch de The New Yorker annonça « une fièvre épidémique de Downton Abbey », il n’avait pas tord. La série n’est ni plus ni moins qu’un phénomène, un succès fulgurant pour la vielle et terne PBS, dépassant de loin dans les audiences l’autre populaire séries historique, Mad men. C’est un classique conte d’amour et de fortune, avec en son cœur un mystère fondamental : comment quelque chose de si grossier peut-il être aussi bon ? Peut être que cela tient à sa formule, égalité des parties entre aristocratie et milieu raffiné (oui, Dame Maggie Smith, c’est vous qu’on regarde), ou son bucolique décor anglais, ou plus probablement son penchant inavoué dans nos secrets rêves pour un majordome fin maître dans l’art de décanter le porto. Après tout ce qui a été dit et fait, qui n’a pas souhaité d’avoir, lui aussi, été dans la position de la Comtesse douairière qui déclarait, avec son impérieux ton mélangé de dédain et de perplexité, « qu’est-ce qu’un week end ? »

En effet, que serait un week end sans Dowton Abbey pour se caler confortablement devant sa télé le samedi soir ? Et voilà, il est de retour pour éloigner l’hiver de notre porte – la saison 3, et avec elle les années folles pour chasser l’agonie de la guerre et l’insulte du rationnement. Tenez-vous prêts pour les coupes garçonnes et le Charleston, et quelques pas de danse à la Marcel Grateau.

Permettez-moi de me dédouaner : je n’ai pas vu de preview de la saison 3 – pour moi ce serait ce serait de la triche ; c’est pourquoi on parle toujours de rendez-vous télévisuel – mais je le sais d’une grande autorité en la matière que ce sera la saison dans laquelle le vilain homo valet de pied devenu valet, Thomas Barrow, fait l’expérience du tendre amour, que son pauvre négligé cœur désire et nécessite tant. Il était temps. Son badinage avec le Duc de Crowborough dans le premier épisode de la saison 1 se révéla n’être qu’un tease. Il finit la saison 2 dans les bras de la Comtesse douairière, virevoltant autour de la piste de danse à la fête de Noël comme un mâle castré heureux de dépenser sa prime jeunesse en accompagnant des femmes d’un certain âge au bal.

Nous aurions du savoir que le créateur et auteur Julian Fellowes ne nous décevrait pas. La saison 3 est celle où tout change pour le jeune Thomas. Et pour nous, aussi. Bien qu’il y ait évidemment des homosexuels dans l’Angleterre d’Edouard VII, ils n’étaient qu’une mince provision d’histoires pour la télévision. Il y avait, bien sûr, Sebastian et Charles dans Brideshead Revisited, dont la « grivoiserie était en haut de la liste des graves pêchés », comme l’écrit Evelyn Waugh, mais ils étaient simplement esquissés pour ce qui se passait une fois les lumières éteintes. Thomas promet d’aller plus loin. C’est ce qui fait sentir que Downton Abbey est, et bien, moderne.

Personne, bien sûr, n’est plus excité par la tournure des évènements que Rob James-Collier, l’acteur qui garantit d’interpréter le personnage de Thomas tout en comprenant qu’il s’agissait que d’un rôle d’une saison. « Mon agent m’a dit « tu sais, tu as eu le rôle que tout le monde veut – c’est un méchant, c’est un rôle super, le seul truc c’est qu’il meurt à la fin de la saison » se remémore James-Collier. Mais Thomas a accroché avec le public, et son alchimie à l’écran avec son principal équivalent, O’Brien (une fantastique et bourrue Siobhan Finneran), est irrésistible. « J’ai donné 110 pourcent, et après les premiers épisodes, Liz, la productrice est venue me voir et m’a dit « on veut que tu restes. Ça te dit ? » Et j’étais là, genre, putain, ouais »

Nous sommes à Bloomsbury, à Londres, assis dans une petite boulangerie-pâtisserie
française à peine assez grande pour contenir l’énergie sans limite de James-Collier. Quand il est entré, il a immédiatement cité des extraits de certains de mes articles qu’il a trouvé sur internet. C’est troublant. Fouiller, c’est mon métier. À un autre moment, il m’a passé son téléphone pour que je parle à son ami sommé de servir de témoin de moralité. Je me sens comme la personne la plus malchanceuse dans l’audience d’un tournage de sitcom, arraché du premier rang pour être la victime d’un gag. Quand j’introduit accidentellement Smith dans son nom (c’est un nom composé difficile), il est joyeux à souhait. « Aaron s’est trompé dans mon nom, et maintenant il piétine, en y réfléchissant » indique-t-il à mon dictaphone.
Le nom composé, accessoirement, n’est pas de sa faute. Il a grandi à Salford, à côté de Manchester, sous le simple nom de James Collier, et cela aurait pu rester ainsi si le syndicat des acteurs Equity n’était pas intervenu pour éviter la confusion avec un autre Rob Collier. « J’ai dit « est-ce que je pourrais avoir Rob James Collier, et ils ont dit « oui, si tu mets un trait d’union » et j’ai dit « et bien, est-ce que je peux avoir Rob-James Collier ? » et ils ont dit – et c’est véridique – « non, tu dois mettre un trait d’union entre James et Collier ». Il n’était pas content. En Angleterre, les noms composés sont pour les snobs. « J’étais, genre, on dirait quelqu’un de l’aristocratie, cause si j’étais quelqu’un que je ne suis pas. Mais ils ont insisté, se souvient-il avec regret.

Je suis allé à l’école avec des garçons comme James-Collier. Vous aussi, probablement. Ils sont les trublions et les comédiens, qui rient à leurs propres bêtises. Quand ils manquent de confiance en eux, ils se rattrapent dans leur bande. Ce n’est pas une surprise d’apprendre que James-Collier est un blagueur sur le tournage, et celui qui parle le plus fort. « La plupart des acteurs sont des créatures timides et solitaires, explique-t-il, moi j’ai toujours été un petit con ». Il se souvient de son premier jour à l’école de théâtre (il l’a trouvé en consultant les pages jaunes), où il réalisa que c’était une libération. « Nous faisions ces exercices d’échauffement, courir partout en faisant des trucs dingues avec nos voix, où, plutôt que de me sentir idiot, j’ai senti que j’étais chez moi « dit-il. Il travaillait comme assistant marketing à l’époque, il écoutait « les Pink Floyd, Dark side of the moon – super album, mais pas le bon si t’es dans une routine, marquant la fin des heures qui font un jour idiot. « Je regardais le chef d’œuvre de Ricky Gervais, The office, et son sens de la futilité. « c’était mon bureau [my office – jeu de mot], dit-il, je me suis dit je ne peux pas faire ça pour le restant de mes jours, sérieux ? »

Etrangement, c’est ce même dilemme qu’affronte Thomas Barrow, enchaîné dans la servitude comme valet de pied à Downton Abbey, toujours à la recherche d’un opportunité pour élever sa condition – et échouant. Ses pauvres efforts pour établir un marché noir sur les biens rationnés pendant la saison 2 montrent les limites rencontrées par la classe ouvrière durant l’ère Edouardienne. Ce sont ces petit moments qui sauvent Downton Abbey du simple porno en somptueux costumes.

Si vous avez grandi en Grande-Bretagne, comme moi, le monde de Downton Abbey est un monde familier, apparu comme par magie dans un nombre incalculable de séries télévisées finement forgées, que nous envoyons outre atlantique comme nous envoyions les télégraphes de notre somptueux passé. Certaines, comme la minisérie de 11 heures datant de 1981, Brideshedt Revisited, qui fit connaître Jeremy Irons au monde entier, ou l’adaptation de 1995 en six épisodes d’Orgueil et Préjugés, qui fit de même avec Colin Firth, toucha le jackpot. Peu, cependant, reçoivent l’enthousiaste accueil que connaît Downton Abbey. La raison, peut-être, est très simple : alors que Downton a l’apparence (et les coûts de production) d’un drame de qualité, elle a l’esprit d’un soap opéra. Comme mon petit ami aime à dire, c’est très efficace, c’est-à-dire que les choses se passent à la vitesse de la lumière. Les résolutions arrivent consistantes, et rapidement, ce qui fait notre bonheur.
Fellowes lui-même s’attribue le mérite pour avoir moderniser le format en empruntant son style des séries des Etats-Unis comme The West Wing, mais c’est aussi que tout ce qui touche les personnages de Downton Abbey nous touche perceptiblement, bien qu’ils aient des habits des années 20. Pour James-Collier, « Downton Abbey est un lieu de travail comme un autre. Tu vas *** avec des gens qui ne s’apprécient pas – Thomas et O’Brien contre Bates et Anna – et tu vas te retrouver avec des gens plus amères qui ont l’impression de n’être que des numéros. Ce sont des relations de travail sur un lieu de travail, et les gens peuvent s’y identifier parce que ce sont les mêmes problèmes et conflits politiques que vous avez aujourd’hui au travail qui étaient alors pertinents ».

Simple coïncidence ou non, presque tous les acteurs qui jouent le rôle des domestiques dans Downton Abbey ont commencé dans des soap opéras anglais – courageux exercice dans le réalisme social, qui plongent ses racines dans la culture de la classe ouvrière. La plus vielle de ces séries, Coronation Street – dont l’action se passe à Manchester – est diffusé sans interruption depuis 52 ans, et a nourri des générations de talentueux acteurs. James-Collier est arrivé sur la série en 2006, dans le rôle de l’adorable rebelle Liam Connor et est resté deux ans avant de décider qu’il voulait se lancer dans autre chose.

« C’était une série géniale, brillante, mais il faut faire un choix, dit-il. Je ne critique personne pour en faire [des soaps opéras ] – c’est sécurisant , et Dieu sait qu’on a besoin de ça, mais je pense qu’on est limité en terme d’options si l’on est un acteur. » Après Coronation Street, il fut sans travail pendant quinze mois, attentant le bon moment pour arriver. « j’ai vu des gens qui ont quitté des soap opéras et j’ai vu ce qui est arrivé, dit-il. Donc je savais que je devais littéralement ouvrir la porte, prier et espérer que quelque chose arrive, et quand les loups arrivèrent près de la porte, Downton Abbey arriva.

James-Collier a ri sur la sexualité de son personnage qui a tellement changé dans la saison 2 qu’il a appelé Fellowes et lui a demandé ‘suis-je toujours gay ? ». Il s’est avéré que oui. Dans la saison 3, nous pouvons voir Thomas dont l’homosexualité est révélée dans un forte séquence dont James-Collier considèrent comme les plus belles scènes de sa carrière. « C’est la saison où l’on s’attaque à la sexualité de Thomas et les conséquences qu’a sur lui le fait d’être homosexuel à l’époque édouardienne, dit-il. Si on inclut un personnage homo, on a la responsabilité d’au moins montrer l’impact de l’époque sur lui, de lui sur cette époque. Heureusement on l’a fait, et je suis fier d’avoir été utilisé pour conter cette histoire. »

Une confrontation entre Thomas et le majordome, M. Carson, s’avère être un point fort, et qui confère un dignité peu commune au valet de pied. « c’est un adorable, très beau moment dit James-Collier, clairement enchanté par la possibilité de rédimer son personnage. « Si vous étiez homo dans ces temps-là, le simple fait que vous fonctionner, comment vous ne vous retrouviez pas complètement chtarbé, c’est au-dessus de moi ».

Bien qu’il ne soit pas gay dans la vraie vie, il dit qu’il a de l’empathie pour les marginaux, peut-être à cause de son propre chemin atypique de carrière. Même maintenant, c’est clair qu’il n’arrive pas à croire qu’il ait gagné sa place en tant qu’acteur. Il se rappelle avoir été assis en face de Maggie Smith pendant la première lecture (« un vrai moment de pince-toi »), et avoir ressenti que tout ce qui sortait de sa bouche semblait comme des échardes. Ça ne peut pas être facile de jouer le personnage le moins appréciable de la série. Quand elle est arrivée sur le plateau, la guest star Shirley MacLaine l’a salué avec ces mots « c’est toi – le mauvais ! Pourquoi es-tu si méchant ? ». Les réponses, apparemment, sont toutes dans la saison 3. Avec O’Brien et Thomas, vous avez ces deux forces, et c’est comme un paradoxe – ils travaillent pour cette grande maison qui les met à l’abri de la rue et de la faim, et pourtant ils déteste véhément ce système, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix, dit-il. D’une étrange manière Thomas veut abolir le système, mais s’il le faisait il perdrait un travail et une maison. »

Alors qu’il parlait, je me souviens de quelque chose. Ma propre grand-mère, âgée de 92 ans, avait commencé sa vie active « en service » comme ils disent, à l’age de 14 ans, encore une enfant. Cela a du être dans les années 1930, la même époque que l’autre grand succès de Julian Fellowes, Gosford Park, pour lequel il a gagné un oscar pour le meilleur scénario original en 2002. Au moment où ma grand-mère devint domestique, son père était malade et sa mère luttait pour joindre les deux bouts. « c’était horrible de laisser mes frères et sœurs à la maison, mais il y avait une bouche de moins à nourrir » expliqua-t-elle quand je l’ai interrogé sur son expérience. Ma grand-mère, une fille de la campagne, ne travaillait pas dans une grande maison (contrairement à l’une de ses sœurs), mais dans la famille d’un médecin, où elle était atrocement seule.

« Je pense que c’est la raison pour laquelle je me suis mariée si jeune – pour sortir de là, dit-elle. Je faisais toute la cuisine et tout le ménage, et j’avais un demi-jour de congé par semaine, et un jour entier une fois par mois. »

« Pas de week-end, alors ? » ai-je demandé.

« oh, il n’y avait pas de week end » dit-elle évoquant la glorieuse confusion de Maggie Smith dans la première saison. C’est un point pour Downton Abbey que ce saisissant double sens n’est pas entièrement perdu pour le public, et que la disparité entre ceux d’en-haut et ceux d’en-bas n’ait pas disparu dans l’oubli. Il nous reste à imaginer que les gens qui ont la ressource d’O’Brien ou l’ambition de Thomas, mais une chose est certaine – ils passeront leurs week end à faire l’argenterie.

 

- Article original

Traduction : Shaane pour Downton Abbey-Hypnoweb

Ecrit par ForCamelot 

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